Abitibi-Témiscamingue


Le jour d'après

Crise ferroviaire février 2020

Quel est donc le problème ? Pour ce que j'en sais, le Gouvernement fédéral a décidé qu'il passait un pipeline sur le territoire des Indiens en Colombie-Britannique dans le projet Coastal Gaslink. Les indiens ont dit non et on fait du blocage de chemins de fer. Ils ont été appuyés par des Indiens des autres provinces et pratiquement tous les chemins de fer du pays sont bloqués. Notre petit Justin en a promis beaucoup aux indiens lors de son accession au pouvoir en 2015 en reconnaissant la déclaration des Nations unis sur les droits des peuples autochtones.

Extrait d'un artiche de Antonine Yaccarini:
L'article en question

Celle-ci ( la déclaration des Nations unis ) déclare: «Les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. Les peuples autochtones, dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes.» Et le fameux article 26: «Les peuples autochtones ont le droit aux terres, territoires et ressources qu’ils possèdent et occupent traditionnellement ou qu’ils ont utilisés ou acquis.»

Pas évident maintenant de passer un pipeline sur leur territoire sans leur consentement. Voilà donc le problème.
Aujourd'hui 17 février, après 12 jours de barrages ferroviaires, ça commence à chauffer.

* Pour apporter un peu de précision, ce sont les chefs héréditaires de la Première Nation Wet’suwet’en qui refusent le passage du pipeline. Moi connais pas !
Cependant j'ai travaillé plusieurs années dans ce coin-là alors j'ai une bonne idée où ça se trouve. Je travaillais pour le BCRailways, la compagnie de chemin de fer de la Colombie Britannique. On travaillait sur la ligne de Prince George à Fort Nelson, plus au nord sur la carte ( on ne le voit pas). J'ai participé à la pose des rails dans deux tunnels à travers les montagnes à Tumbler Ridge (j'ai souligné l'endroit sur la carte). Neufs et six kilomètres de tunnels. C'est long ! Je ne vous parle pas de la pluie ( ou la neige en hiver ) qui tombait dans cette région car vous diriez que je suis un menteur. À Dawson Creek il y avait un échange de wagons de marchandises entre BCRails et CN.
map

* Oui mais c'est quoi un chef héréditaire ?
À partir d'un site de Wikipedia j'ai trouvé une explication. Ce site: ici.
Extrait:
En 1991, les citoyens de Kanesatake ont tenu leurs premières élections pour les chefs et les membres du conseil. Jerry Peltier a été élu grand chef. Avant cela, les chefs étaient héréditaires à travers le système de parenté matrilinéaire et nommés par les mères de clan.

Il faut comprendre que certaines tribus suivent encore la tradition alors que d'autres procèdent par élection pour nommer leurs chefs.

à suivre donc...

Le 18 février 2020

On en apprend un peu plus sur le système politique des indiens Wet'suWet'en dans cet article de La presse : Trudeau met en garde ...
Extrait:
Les chefs héréditaires de la Première Nation Wet'suwet'en, dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, s'opposent au passage du gazoduc malgré l'approbation reçue des conseils de bande élus.

Ainsi il y aurait des chefs de bandes élus mais aussi des chefs héréditaires. Il faut croire que ces derniers ont le dernier mot sur la politique extérieure. C'est quand même un peu bizarre car les chefs de bandes ont négocié longtemps avec la compagnie et le gouvernement. Les chefs héréditaires auraient pu se prononcer à ce moment-là. Y aurait-il des conflits internes pour le pouvoir ?

Le 26 février 2020

Rien n'est réglé. Il y a eu des injonctions pour démenteler les barricades à certains endroits mais d'autres barricades ont surgit ailleurs. Justin Trudeau joue necore la carte de la patience mais il subit les foudres des partis de l'opposition qui l'accusent de mollesse. D'après moi le problème vient de la tribu Wet'suwet'en. Il y a trop de chefs et pas assez d'indiens là-bas. Les chefs élus sont en faveur du pipeline mais les chefs héréditaires s'y opposent. J'ai bien peur que ça tourne au vinaigre car bientôt Trudeau n'aura plus d'autre choix que d'utiliser la force. Car si les chefs héréditaires ne se ralient pas la seule autre option serait de suspendre le projet. Trudeau est bien conscient des risques encourus par l'emploi de la force. La crise d'Oka reste bien présente dans les esprits.

Le 27 février 2020

Une rencontre prévue avec les chefs héréditaires.
L'article sur cette rencontre, La presse
D'après cet article, Coastal Gaslink va interrompre les travaux pour deux jours, le temps prévu pour les discussions. D'autre part puisque la GRC s'est retirée de leur territoire, les chefs ont accepté une rencontre. Que peut offrir le gouvernement ? Les indiens ont le gros bout du bâton dans cette affaire.

Le 1er mars 2020

Les négociateurs seraient parvenus à une entente de principe. Cependant si on lit l'article, l'entente ne concerne pas le gazoduc. En fait les indiens ont plusieurs revendications qui n'ont rien à voir avec le gazoduc. Il semble y avoir une question de territoire que les indiens veulent régler en premier. Ils ont le gros bout du bâton et ils le savent. Ils veulent profiter de l'occasion pour obtenir la reconnaissance de leurs droits sur la zone. L'extrait suivant explique ce qu'ils recherchent.
Extrait
Le conflit a aussi touché à la question des droits de territoires, des titres et de la représentativité. Qui a le droit de négocier avec les gouvernements et les grandes entreprises ? Ce qui complique les choses, c’est le fait que ce territoire n’a pas fait l’objet d’un traité et demeure « non cédé ». En 1997, la Cour suprême du Canada a décrété que la propriété autochtone n’avait pas été abolie par le gouvernement provincial – et qu’elle ne pouvait pas l’être, du reste. Mais le plus haut tribunal du pays n’a pas déterminé la zone et les limites spécifiques de ce territoire wet’suwet’en.
Ce n'est pas encore terminé. Est-ce que cette entente permettra la levé les barricades ? On le saura dans les prochains jours mais si on se fie aux paroles du chef Woos, un des chefs héréditaires, on peut en douter : « Au cours des trois derniers jours, nous avons discuté de certains sujets qui nous préoccupent tous », a-t-il indiqué aux journalistes.
Il a toutefois rappelé que le groupe demeurait fortement opposé au passage du gazoduc sur son territoire ancestral. Entente de principe, La presse

Le 8 mars 2020

Après tout ce temps où en est la situation ? Il semble que le conflit se résorbe, un peu en coulisse car plus personne en parle. Des barricades ont été démantelées, la plupart des trains sont remis sur rails, la compagnie du pipeine a repris le travail, les médias adoptent un ton neutre ou conciliant. Silence radio ! Je crois que tout le monde attend le résultat des consultations dans la tribu des Wet'suWet'en. Entretemps, le coronavirus Covid-19 a pris la place.

Mais quelle leçon tirer de ce conflit ? Je peux vous mettre un article, long comme un roman, pour expliquer ce qui en ressort:
cet article

Pour ma part je me demande où cette réconciliation va nous mener ? Pour y répondre il faudrait entrer dans la tête des Indiens. Une chose est sûre, ils veulent rester des Indiens. On peut enterrer l'idée de les assimiler. Se considèrent-ils comme canadiens ? Je ne pense pas. Logiquement pour eux, accepter d'être canadiens revient à se résigner à céder les terres qu'on leur a volées. Pour l'heure ils restent attachés à leurs réserves. Pour eux chaque réserve est un petit pays. J'ignore le nombre de réserves mais le Canada sera-t-il éventuellement partitionné en cinquante, cent petits pays ? À bien y penser, c'est déjà le cas.

Mise à jour. Le 20 mars 2020

Une crise en chasse une autre ! J'ai cherché des infos sur les derniers développements dans l'affaire du pipeline. Rien! On parle du coronavirus. Tout porte à croire que le cas du pipeline est en voie de règlement. Le plus récent article que j'ai lu ici , datant du 13 mars, soulève les désaccords entre les chefs héréditaires et la majorité des indiens en faveur du projet. En somme la bisbille est pognée dans la réserve entre les pour et les contre. Ces chefs ne sont pas très nombreux. Il y a donc de fortes chances qu'ils se déguisent en courants d'air sous la pression de la majorité.
à suivre ...

Le 23 mars 2020

Des négociations en cours entre une autre compagnie de pipeline et des Premières Nations semblent confirmer mes prédictions. En effet la compagnie Gazoduc dans l'est du Canada cette fois ( au Québec notamment ) négocie le passage de son pipeline avec, pas une mais huit Premières Nations qui ont formé une société pour négocier avec la compagnie.

Avertissement: le contenu de cet article n'engage que son auteur, moi-même.

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